Envois de A Oui

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y en avait deux. 

 

 

 

 

Deux à oui ! Merci ! Je sais qui saura l'apprécier autant que moi. Car il n'est pas question de garder Boris Wolowiec pour moi.
Je lis avec passion, mais pas d'un bloc. Il faudrait sans doute, mais j'ai besoin d'être extrêmement attentif pour que vos sauts (quantiques), parfaitement nécessaires au demeurant (pour autant que je puisse en juger), ne m'échappent pas.
Merci infiniment,
Philippe Crab
 

 

 

 

 

 

 

 

Les jours rallongent

 

 

 

Monsieur Wolowiec,
Je ne suis pas très content. J’ai lu d’un bout à l’autre à oui, et peu nombreux sont ceux qui peuvent s’en prévaloir, et l’ai lu dans un temps relativement court, en y entendant certaines choses (je le dis sans modestie inutile, je suis un mauvais lecteur, mais la plupart des autres lecteurs sont pires encore), et en empruntant sans vergogne dès que je le pouvais. J’ai repéré tous les passages où ma compréhension décrochait, ou l’ivresse seule commandait la poursuite de la lecture. J’ai noté méthodiquement ces moments de rupture, et je me donne 100 ans pour réduire chaque énigme et maîtriser mon à oui sur le bout des doigts. Alors je pourrai mourir, enfin on verra, je n’en suis pas là.

Pour le reste, j’ai procédé au pillage de ce fabuleux vaisseau de façon méthodique et, si mes forces tiennent, je ne manquerai pas de glisser dans mes futures chansons des allusions subtiles à votre grand œuvre, que nul ne comprendra, si ce n’est moi, et Dieu (admettons), et vous si vous les entendez. Je dois dire que nuages m’avait semblé plus praticable, dans le métro, sur mon canapé, ou en vacances au bord de l’Océan, sur une chaise longue, ou debout à tue-tête devant mes enfants surpris. A oui n’a pas d’emblée le même allant, mais l’aplomb, certes il l’a, et toute la puissance têtue des courants profonds, pour filer encore et encore une métaphore maritime.

Quoi qu’il en soit, je célèbre maintenant l’heureuse catastrophe de la gravité, la positivité de cet effondrement continuel de moi et de tout le reste, et je tombe donc avec vous et l’univers entier, non sans une certaine volupté cataclysmique. Ceci ne concerne que les premières pages du livre, mais c’est déjà beaucoup pour un seul lecteur.

De plus j’ai offert mon exemplaire surnuméraire, don de vous, don du vide immédiat, à une excellente lectrice (bien plus que moi), qui a positivement adoré, non sans manquer d’être effrayée à de nombreuses reprises. Dans son esprit, comme dans le mien, ce livre fera date. Bref, j’apporte de bon cœur ma petite pierre à l’édification de votre légende, tout en étant conscient des difficultés de cette entreprise. Mais le jeu en vaut la chandelle.

Pourtant je ne suis pas très content. En commandant à oui, j’avais glissé dans l’enveloppe, en sus du chèque, l’un de mes disques, et je rêvais d'un signe de votre part, de l’écho d’une écoute, même extrêmement négatif, ou circonspect, ou terrorisé, ou moqueur, ou hilare, ou effondré, ou tout ceci ensemble. Je vous ai transmis ce fructidor sans trop attendre une réponse, pensais-je, mais plus le temps passe, et plus je me dis que je n’étais pas très honnête envers moi-même : j’espérais un mot de votre part, je comptais presque dessus pour rebondir un peu, il n’est pas venu, je suis bien triste, voilà la vérité.

Je vous salue bien respectueusement, ce soir de février, les jours rallongent, l’espoir saisonnier revient, bonne nouvelle !
Philippe Crab
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Salut à vous Philippe Crab, 

 

 

 

Je vous envoie une réponse un jour futur. 

 

 

 

(Restez malgré tout patient.) 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                  A Bientôt                         Boris Wolowiec