A propos de La Plage de Berck

 

 

 

Les aberrations syntaxiques de la Plage de Berck : les pronoms, les conjonctions ou les articles déplacés, antéposés ou intervertis, ce serait d’abord surtout une manière de dire l’éblouissement, comme si la langue était elle-même était éblouie par des particules de pronoms, des giclures de conjonctions ou des éclats d’articles. 

 

 

Ta vision ressemble parfois à celle d’un Wagner trivial. Ta vision serait semblable à celle d’un Wagner parodié par Satie. Ta poétique de l’enjambement et du rebond est très proche de la musique de Satie. Ta poésie c’est parfois quelque chose comme un mélange de Chevauchée des Walkyries et de Gymnopédies. Une Chevauchée des Walkyries embrouillée, raturée,  striée, galvaudée, galvanisée aussi par des sautillements satiesques à satiété. 

 

 

 

Post-scriptum. As-tu déjà vu les bizarroïdes films de plage de Patrick Bokanowski ? Tu les trouveras sinon aisément sur internet.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                  A Bientôt          Boris

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

à Boris

 

             Oui ! je suis un Satie qui court dans (sous) les grandes jambes de Wagner – qui se prend les jambes dans (sous) les grandes jambes de Wagner ; qui se prend les pieds sous les grands pieds, les immenses et tétanisantes voûtes plantaires de Wagner.

 

     Voilà une image qui me définit tout entier, et qui va loin ! tout en me tenant ici tout près.

 

     Elle explique mon burlesque particulier – repéré déjà par Laurent... Elle explique mon lexique affolé et ma syntaxe de saint-Guy.

 

     Elle explique ma hâte et mon surplace, mon enlisement enfouissement tout droit dans la terre... et mes battements d’ailes béribériques, mes têtes renversées. 

 

 

     Merci pour la mention de Patrick Bokanowski. Je vais voir. 

 

 

     Un autre exemple de petit qui court sous les grands mais lui a plus de culot (ou d’inconscience) il les met davantage à distance, ou peut-être les a dépassés ! je veux parler de Bruno Dumont. Cas différent mais assez cousin, pareillement, dans la refondation désintégrante et/ou vice-versa de la langue : lire (il le faut vraiment) son livre P’tit Quinquin, le « scénario », éd. Arte, 11 euros, c’est trop beau !

 

     Le lire pour sa langue. Non pas tant la langue imaginaire des protagonistes (ça n’est ni du picard ni même du « chti »), mais le français de la narration, des descriptions, des réflexions... 

 

 

     A bientôt.

 

Ivar