Salut Ivar,

 

 

 

 

 

Chaque matin celui qui écrit recommence à zéro, c’est comme si celui qui écrit n’avait le pouvoir de transformer son existence que pendant un seul et unique jour et que chaque nuit il perdait ce pouvoir, et que chaque nuit il oubliait la transformation qu’il avait accomplie le jour d’avant. C’est comme si celui qui écrit n’avait le pouvoir d’escalader (et parfois de franchir) la montagne de l’espèce humaine qu’en une seule journée et que le sommeil de chaque nuit venait ensuite le redéposer en bas de cette montagne. A chaque fois il reste un lendemain, chacun de nos jours d’extase ne révèle finalement qu’un lendemain, un lendemain où nous n’avons plus qu’à essayer de retrouver cette même extase. Chaque matin l’extase par laquelle nous avons le jour d’avant perdu la tête retombe par terre à nos pieds. La prodigieuse disparition de notre tête d’homme, de notre visage conventionnel d’homme retombe chaque matin à nos pieds. Et à chacun de nos éveils, nous piétinons l’extase du jour d’avant, l’empreinte de pas de notre éveil est aussi un tombeau.

 

 

 

Celui qui écrit ne s’élève qu’au jour le jour. Chaque jour il bâtit une pyramide mentale que chaque nuit fait disparaitre comme un chapeau dans le lapin. Chaque jour celui qui écrit bâtit une pyramide de poussière, une pyramide de prestidigitation, une pyramide de poussière prestidigitatrice. Chaque jour celui qui écrit a l’impression qu’au sommet de chaque grain de poussière une pyramide le contemple, la pyramide de ce jour même.

 

  

 

Celui qui écrit bâtit des pyramides non seulement afin que les pyramides tiennent debout mais encore et surtout afin de tenir lui-même debout, afin de rester lui-même debout, que ce soit au sommet ou en bas de la pyramide. La posture d’équilibre de celui qui écrit n’est pas acquise pour toujours, il doit la recommencer à zéro chaque jour. Si celui qui écrit se lève chaque matin, c’est aussi afin de savoir une fois encore comment parvenir à tenir debout. Celui qui écrit a besoin d’inventer chaque jour un monde nouveau qu’il superpose à la multitude des mondes précédents. Celui qui écrit a peut-être aussi besoin pour pouvoir tenir en équilibre debout chaque matin de s’inventer un nouveau corps, un nouveau visage et un nouveau corps, qu’il dispose à la fois avec désespoir et avec joie au sommet du tas de ses corps et visages antérieurs. Celui qui écrit a besoin de bâtir des pyramides parce qu’il a le sentiment d’exister lui-même comme une pyramide, la pyramide composée de la superposition de ses corps et visages de chaque jour, pyramide dont il ne parvient jamais à dominer la forme. Cette forme pyramidale il en fait l’expérience sans jamais la dominer, c’est précisément elle qui à l’inverse chaque matin le domine un peu plus, comme s’il était chaque matin un peu plus surplombé par le temps même de son existence, par l’intensité d’oubli de son existence, comme si chaque matin le temps d’oubli pyramidal de son existence le regardait d’un peu plus haut, avec encore un peu plus de lucidité et de mépris, comme si chaque matin celui qui écrit semblait impeccablement contemplé par la pyramide de mépris lucide de son amnésie.

 

 

 

« L’homme ne tiendrait pas debout et perdrait l’équilibre s’il n’avait ce gratte-ciel qu’est la liturgie. »  F. Cassingena

 

Ainsi ce qui nous tient debout c’est la liturgie de l’amnésie comme du mépris. Ce qui nous tient debout, c’est la liturgie d’amnésie du mépris, la liturgie d’exaltation amnésique du mépris, la relecture d’exaltation amnésique du mépris.

 

 

 

J’ai toujours eu le sentiment naïf d’écrire afin de transformer quelquechose, non pas afin de  modifier l’univers des hommes, plutôt afin de transformer le monde, afin de transformer l’apparition même du monde sans m’attarder à changer la société des hommes. Transformer l’apparition du monde sans toucher aux hommes, ce serait le geste de candeur de mon mépris.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                     A Bientôt          Boris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cher Boris, bien tout reçu ici.

 

“Ici” ? C’est la pagaille la plus totale et je fais le gros dos en attendant que ça aille mieux... Le gros dos, et pratiquement rien d’autre. Si, tout de même, je lis John Cowper Powys, Les Sables de la mer, que m’a envoyé Philippe Jaffeux. (…).

 

Merci de tes envois, chaise, escaliers et Michaux !

 

Et puis souhaitons-nous une année 2014 belle et féconde...

 

Fraternellement,

 

Ivar

 

 

 

 

 

 

 

nord-nord-est

 

 

 

Amiens 4 janvier 2014. 

 

Cher Boris,

 

je ne sais pas dans quelle mesure creuser vaut gravir (« C’est comme si celui qui écrit n’avait le pouvoir d’escalader – et parfois de franchir – la montagne de l’espèce humaine qu’en une seule journée et que le sommeil de chaque nuit venait ensuite le redéposer en bas de cette montagne. »). Mais je ne suis pas celui qui écrit, je n’écris pas ; à moins de considérer que, creusant (parce que, justement, je creuse) sous mon écriture, peut-être c’est encore écrire ?

 

Je creuse sous mon écriture… Parce que je ne suis pas sorti, je n’ai pu sortir encore, je n’ai pour dire la vérité pas cherché, pas du tout cherché à sortir de ce que j’avais écrit, de mon écriture de l’été 2012 (L’Arche). Au contraire j’ai plutôt cherché à me faire un trou dans cette écriture, plus profond, toujours plus profond.

 

Ce qui arrive à ton homme qui écrit ne m’en arrive pas moins (étrangement) à moi aussi. Mais est-ce que ça n’arrive pas aussi, par exemple, à celui qui s’endort et rêve ? Rêver c’est peut-être encore passer « la montagne de l’espèce humaine »… en une seule nuit et le réveil de chaque matin viendrait te redéposer en bas de cette montagne ?

 

Ton homme redéboule. Peut-être toujours aussi bas, mais de toujours plus haut en tout cas, car plus haut chaque jour il porte les pierres du sommet et les dispose en figures pleines d’évidence : « J’ai toujours eu le sentiment naïf d’écrire afin de transformer quelquechose, non pas afin de modifier l’univers des hommes, plutôt afin de transformer le monde, afin de transformer l’apparition même du monde sans m’attarder à changer la société des hommes. Transformer l’apparition du monde sans toucher aux hommes, ce serait le geste de candeur de mon mépris. » (On redéboule, mais ces pierres disposées restent. Et resteront, même si leur disposition changera.)

 

Ton Michaux est passé complètement à côté de moi. Il faut que je l’attende un autre soir, et que j’essaie de me mettre sur sa trajectoire.

 

J’ai fini ce matin de tourner autour de la chaise, et vraiment j’ai aimé beaucoup cette chaise. Elle est comme une sœur pour moi. Je veux dire que j’ai avec elle un rapport consanguin évident (nous sommes elle et moi du même bois). Chaise qui peut tout faire et repousser la limite de « tout » toujours plus loin. Moi, je ne peux pas faire cela, mais Chaise est la grande sœur, très grande sœur…

 

Ceci dit, pour moi c’est ton texte le plus surréaliste : (1) il est habité par l’esprit du surréalisme et (2) montre ce qu’aurait pu être une grande poésie surréaliste, pas seulement poésie, mais une grande peinture surréaliste. Oui, c’est un texte très pictural (je trouve).

 

Nabe convainc davantage quand il parle de Lautréamont-Ducasse que parlant d’Artaud, et il convainc plus encore alors qu’il parle de Bernanos… Mais il y a quelque chose qui me gêne dans son style. Je n’aime pas trop qu’on me parle comme il le fait. Et il y a plusieurs fois par page un enveloppé-pesé un peu désinvolte.

 

Merci pour tous ces envois. Je me tourne maintenant vers ton escalier

 

Je ne « sens » pas bien l’année 2014. Mais, bon, je prends sur moi ! et je te la souhaite bonne et belle.

 

Amicalement,

 

Ivar

 

Nous venons d’avoir un fort coup de vent, avec des paquets d’eau, et tout à coup le bleu est arrivé par l’ouest, très belle lumière sur le jardin et un grand arc-en-ciel au nord-nord-est.

 

 

 

 

 

 

 

NOTES

 

 

 

Cher Boris,

 

voilà. J’ai retrouvé ces quelques notes marrantes en rangeant mes papiers (pièce jointe). Je les envoie aussi à Laurent.

 

Briseul est passé. Il veut rééditer Cadavre grand m’a raconté, mais ses fichiers sont perdus et il faudrait que je retape tout (quelques six cents pages – minimum – au format poche). Taper ne me fait pas peur, mais tout de même...

 

Voilà tout pour le moment.

 

Salut et fraternité,

 

Ch’Vavar

 

 

 

 

 

 

 

(Quelques notes retrouvées)

 

(1)

 

Christophe Tarkos. Je le connais sûrement moins bien que Boris : je n’ai déjà pas tout lu… Ce que Boris dit de Tarkos est vrai, mais il faut aller plus loin : c’est bien la question ontologique qui travaille Tarkos, et c’est ce qui fait sa grandeur dans le petit monde des poètes.

 

Le destin de Tarkos est injuste, d’autant plus injuste qu’il le « ramène » au statut, à l’image du poète maudit, poète foudroyé... image dont les critiques, puis les historiens de la poésie ne pourront manquer de se repaître. Mais Tarkos a frappé par l’évidence obscure de sa poésie bien avant que la maladie, puis la mort, ne le frappent. La maladie, la mort, la « malédiction » offusquent sa grandeur réelle.

 

Tarkos est grand parce qu’il prend par un biais nouveau la question de l’être, et de son apparaître. Tarkos est un démiurge qui part du carton, qui fait un carton dans le carton, qui apporte le carton du carton.

 

Il tape en plein dans la cible – par un tir oblique, mais « nourri ». Tir nourri de n’importe quoi. N’importe quoi fait monde, n’importe quoi fait le monde de Tarkos, et Tarkos doit faire son monde pour répondre à la question de l’être. Enfin, en tout cas Tarkos fait un monde de n’importe quoi, du n’importe quoi, sans doute.

 

J’ai eu le tort dans le texte préliminaire de Travail du poème de tout axer sur « dire l’être »… C’est une tâche de la poésie, mais la poésie ne doit pas se focaliser sur cette tâche. Si elle se fixe sur cet objectif, elle le ratera. Ce n’est qu’en épousant le mouvement d’apparaître, du monde, qu’elle aura une chance de rendre compte de l’être, peut-être de le dire (ce qui n’est pas le formuler, tâche qu’on peut laisser à la mathématique, peut-être).

 

 

 

(2)

 

Il y a en ce moment de grands livres de poésie qui ne trouvent pas éditeur ((…) plusieurs de Boris W. dont le formidable – au sens étymologique – À oui) ; d’autres qui restent en rade (tel mon Caret) parce que leur éditeur est en difficulté… De quoi ce blocage de livres de poésie parmi les tout meilleurs est-il le signe ? Signe forcément négatif ?...

 

On a des œuvres énormes, à grand pouvoir d’éruption, qui restent dans des tiroirs ! – Il y a une poussée terrible de poésie, de poésie nouvelle, puissamment créatrice, apte à changer du tout au tout la donne, et ça reste dans un goulot d’étranglement !

 

Au point où nous en sommes, c’est une guerre qu’il faudrait commencer pour sauver la poésie et la remettre en position de nous sauver. Le problème, c’est que tout nous manque : les polémistes, justement, tout d’abord – pour renvoyer à la niche les pseudo-poètes, les critiques, les éditeurs, et aussi le public !

 

En fait, ça n’est pas vrai que tout nous manque. Par exemple, nous ne manquons plus d’œuvres de première force, ça n’est pas rien ! – Non, manquent d’abord des polémistes, oui, pour pousser les feux, semer la terreur, faire place nette. Relancer, par des manifestes, la poésie comme histoire, un grand mouvement poétique.

 

Sûr et certain qu’il faut changer le public aussi, je veux dire : changer de public, renouveler aux quatre cinquièmes au moins le « public », ou « lectorat », disons, le lectorat de la poésie.

 

Lecteurs fades, niais, et trop enclins à présenter le fion.

 

On se trouve vraiment dans une situation hallucinante. Nous ne nous en sortirons que par un coup de force, un acte de guerre. Il faut faire déjà le compte des guerriers – potentiels ! Et ces guerriers, il faut souffler dessus, leur donner le désir, l’impulsion, leur montrer la possibilité, la chance, la nécessité. Et le risque. Qu’ils entrent dans la bonne fatalité. – Là-dessus on doit interroger Boris, parce qu’il est la pièce maîtresse à déplacer. Il faut lui poser des questions précises sur ce moment. Il est dans une posture de clandestinité, il reste dans un repli, un retrait, alors qu’on n’a pas le choix (il me semble ?), qu’on ne peut tout simplement pas tergiverser.

 

 

 

 

 

 

 

Salut Ivar,

 

 

 

 

 

Polémiquer ? Non. Je n’ai pas le caractère pour ça. Je préfère le mépris à la haine. Parfois je savoure l’événement absurde de la colère mais la hargne programmée de la polémique m’ennuie. Je ne désire pas être vengé. Je veux simplement apparaitre sauvé. En effet ceux qui se vengent se condamnent eux-mêmes à travers la niaiserie de leur vengeance.

 

 

 

 

 

Post-Scriptum. Un recueil d’entretiens intitulé Bresson par Bresson vient de paraitre aux éditions Flammarion.

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                     A Bientôt          Boris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Polémique. Plutôt une guerre. Si l’on pouvait, de la hauteur de Léon Bloy ou de Bernanos. Mais peut-être avec plus de froideur et de « détachement » : Debord. Seulement : est-ce que ça vaut encore le coup ?

 

Vengeance, je ne sais pas ce que c’est. Mépris, je ne sais pas ce que c’est pour toi, ce que tu mets derrière ce mot... Le mépris, sinon, tel que je n’y ai jamais réfléchi, en tout cas ! m’est complètement étranger.

 

Je crois que ce qui me manque, ce dont j’ai envie, c’est la bagarre, une bagarre qui entraîne toute la ville dans sa spirale !

 

Les lecteurs de poésie. Je les condamne (dans leur majorité) plutôt que les non-lecteurs de poésie, comme l’a fait Jacques Roubaud dans un article pas si ancien du Monde diplomatique. Je te renvoie à Mont-Ruflet, pp.48-50, à partir de « Et pourquoi le poète... ». J’avais lu ce morceau à la Maison de la Poésie à Paris il y a trois ou quatre ans ! (Mont-Ruflet fait partie du Caret, mais possible que tu ne l’aies pas, je te l’enverrai alors).

 

(…)

 

Merci pour l’info Bresson.

 

Je file à un rendez-vous.

 

Salut fraternel,

 

Ivar

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ivar Ch’Vavar à Laurent Albarracin

 

 

 

J’ouvre le poste avec l’intention de t’envoyer un message, et je trouve justement le tien !

 

Je voulais seulement te dire que je pandiculais « dans mon jus » et devant ces cinq vers du Citron :

 

 

 

on prendrait des gants

 

pour des lanternes

 

 

 

l’ici serait le bon jus

 

de sa vessie

 

crevée

 

 

 

Je pandicule devant, et dedans, depuis deux jours, en réalité.

 

J’ai reçu ce midi deux paquets de Boris, l’un avec du Nabe, sur Artaud et Bernanos (…), l’autre avec la chaise, l’escalier et Michaux (je lirai demain), et (…) une belle lettre sur internet, que je te transmets sans vergogne, parce qu’elle ne s’adresse pas qu’à moi, et t’intéressera (c’est quand même une vision très étrange).

 

Fraternellement,

 

Ivar

 

 

 

 

 

 

 

Laurent Albarracin à Ivar Ch’Vavar

 

 

 

Cher Ivar,

 

belle lettre en effet de Boris. Le dernier paragraphe me fait monter à l'unisson. Je me reconnais parfaitement dans cette désertion du social et de l'humain pour travailler à l'apparition du monde. On en parlait l'autre jour de vive voix avec Boris : il y a une traversée de l'humain chez toi (un côté Artaud, me disait-il), alors que pas du tout chez moi (qui suis seulement du côté des choses). Chez lui (chez Boris) c'est sans doute plus compliqué : A oui serait un dépassement de tout : de la philosophie, de l'humain, du réel. Il est d'ailleurs étonnant le titre de ce livre : à oui, comme adressé et destiné à... quoi ? ... un mouvement d'adhésion pure. C'est étrange, et au fond je crois que je n'arrive toujours pas à comprendre le sens de ce titre. Être "à oui" (avec la variante "à blanc" qui revient souvent aussi), ce serait être dans une sorte de de tutoiement innocent et approbatif avec les choses ? Être à oui avec les choses, ce serait être comme cul et chemise avec elles, dans une sorte de ralliement à leur cause commune ? Pour le moment, c'est seulement en ce sens que je comprends ce titre, mais il y a sûrement d'autres sens à tirer de ces deux petits mots.

 

Pendant que j'y pense, j'aimerais bien que tu retrouves dans votre correspondance le passage où vous parliez de la question du "problème". Nous évoquions ce mot lors de notre entrevue de décembre, parce que c'est un mot qu'il emploie souvent, "problème", à l'oral au moins, et que je suis sûr que ce qu'il en dit m'intéressera; moi qui suis plutôt un poète de l'emblème, mais il y a sûrement un rapport à faire entre problème et emblème, le premier allant de l'avant (vers le monde), et le deuxième faisant retour sur la chose (la tautologie). Bref, si tu retrouves ça, je serais curieux de le lire.

 

Amitiés,

 

Laurent.

 

(PS je mets une copie de ce mail à Boris parce que j'aimerais bien qu'on instaure un dialogue à trois, si toi ni lui n'y voyez d'inconvénients).

 

 

 

 

 

Intéressantes, tes deux notes. Oui Boris est la « pièce maîtresse », comme tu dis. En plus il a les moyens théoriques de ses ambitions, je crois. Ce qui est beaucoup. Mais sans doute il ne veut pas théoriser, conceptualiser, polémiquer encore moins, parce qu'il est au-delà de ça. En quoi il a sûrement raison, pour continuer d'avancer dans le champ poétique qui est le sien. N'empêche qu'on aurait bien besoin de sa prise de position dans le paysage poétique actuel, je suis bien d'accord avec toi.

 

Amitiés,

 

Laurent

 

(re-copie à Boris, je suppose que tu lui as envoyé tes deux notes)